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ARCHIVES // TOURNESOUL 1 (1998)

ARCHIVES // TOURNESOUL 1 (1998)

Pour lancer le magazine SOUL, Lionel Cardoso et le reste des co-créateurs se lancent dans la folle aventure du TOURNESOUL. Inspirée de la fameuse ROAD FOOLS aux Etats Unis, la tournée parcourt toute la France, déborde en Suisse, en Belgique, et dégage surtout la passion et l’énergie d’un BMX qui se (re)découvre. En ces jours où nous ouvrons un nouveau chapitre de notre histoire, nous nous faisons le plaisir innocent de la revoir, et de la prolonger auprès des participants de l’époque avec un appel au souvenir. Soyez donc curieux de découvrir les bases de ce qui constitue l’essence de SOUL depuis des années, du riding, des gens, des kilomètres et du fun bordel.


Textes : BB - Photos : Bibi - Digitalisation : S.Ronjon - Vidéo : X.Robleda, D.Mini, B.Géronimi
BB le 18 novembre 2016

LIONEL CARDOSO

Quels souvenirs as tu de la tournesoul ? 

Un incroyable et ambitieux périple où nous avions pris le terme « Tour de France » au pied de la lettre ! Énormément de rigolade, de kilomètres, d'exploration, de nuits à même le sol et de bonheur. Une expérience qui a marqué, j'en suis convaincu, tous ses participants. On avait du bmx plein les yeux et la tête dans les étoiles. La passion à l'état pur. C'était beau.

 

Qu’est ce qui vous a pris de lancer ça ?

L'inspiration principale, c'était clairement Road Fools. Embarquer une équipe composée des meilleurs riders en road trip pour aller découvrir les meilleures scènes du pays... cet esprit de famille du BMX, cette émulsion et cette énergie créatrice débordante, cette passion brûlante et communicative ! Ca donnait vraiment envie ! Ce que je voulais, c'est que ce soit représentatif tant au niveau des riders présents qu'au niveau de la scène, en visitant un maximum de spots, de tous types (street, trails, parcs... même si ces derniers se comptaient sur les doigts d'une main à l'époque) et montrer au monde que nous avions de quoi être fier de notre patrimoine et de notre scène française.
L'idée c'était vraiment d'installer et transmettre dès le départ l'esprit du magazine : une expérience unique qui transcende l'âme, grâce au 20 pouces.

 

"On avait du bmx plein les yeux et la tête dans les étoiles.
La passion à l'état pur. C'était beau"

 

 

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Lionel Cardoso aka papy chulo

ALEXIS DESOLNEUX

C'était l'euphorie d'une époque où tout était à faire, où la nouveauté nous accompagnait partout où nous passions, avec les tricks appris en route, les spots, les gens et cette sensation de liberté très forte. Pour la plupart d'entre nous c'était aussi nos premiers rails dans la rue...on s'est beaucoup balancé et personne ne s'est blessé, un vrai miracle compte tenu de nos capacités à l'époque (je parle pour moi en tout cas haha). Parmi les meilleurs moments pour moi : l'excitation de premiers essais de hang5 grind sur le street park d'Aix. Bref, le Tournesoul est un truc inoubliable, des débuts d'amitiés, de la progression, une ambiance parfaite avec tout le groupe qui se motive et se marre sans arrêt...

"l'impression d'être au début de quelque chose"
 

 

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PATRICK GUIMEZ

Des heures en camion, d’autres heures de vélos et surtout de franches rigolades ! Nous dormions peut être 3h par jour, on faisait la fête tous les soirs; on mettra ca sur le compte de la jeunesse hahaha. On était un peu les ados en colo gérés par les plus âgés, je peux dire qu'on était des petits cons hahaha. Nous roulions tous breakless avec des guidons coupés à un tel point que nous pouvions rider avec des menottes hahaha.
 

"On était un peu les ados en colo gérés par les plus agés.
Je peux dire qu'on était des petits cons hahaha."

 

NICOLAS CAMBON

La première Tournesoul est pour moi le début d'une aventure dans le bmx freestyle qui continue aujourd'hui. A l’époque je roulais en race (élite) et je passais beaucoup de temps au trail de blagnac ou j'ai rencontré Gervais et Guedz, rédacteur et photographe pour Soul à l’époque. J’ai donc fait ce mois de trip avec mon Sunn grand royal (bmx de race) à rencontrer toutes les scènes locale et à essayer tout ce qui passe par la tête, surtout les gaps vous remarquerez hehehe.

VINCENT GUEDES

C'était plus une aventure et une découverte humaine qu'un simple road trip. Nous n'avions pas d'argent, une liste de lieux à rider et rien d'autres. Je me souviens de l'étape chez Ju Pouplin (ndlr : graphiste de soul), sa rampe et son accueil, le gap de Nico Cambon et la soirée sous bières, un vrai moment d'échange. C'était certainement la meilleure des 3. Car elle était complètement non organisée et pleine de spontanéité.

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ROMUALD NOIROT

Il n’y avait aucune pression de quantité de photo ou vidéo à sortir, tout se faisait tellement naturellement. Pour moi, derrière chaque clips vidéos ou photos, il y avait une atmosphère, une ambiance indescriptible. Quelques mois avant je venais d'avoir mes premiers sponsors et inconsciemment cela fut un tremplin énorme pour moi et je pense aussi pour la scène bmx française. Cela a mis aussi en lumière nombre de rider locaux qui ne bougeaient jamais de chez eux et leurs spots. C'était impressionnant pour moi de rouler avec des gens qui était connus en France et faisaient déjà parti de la scène française. On pouvait débarquer sur un spot et se faire proposer le gite pour la nuit même, on dormait aussi dans des jardins publics.

DANIEL MINI

Racontes nous tes souvenirs du tournage ?

C'était assez roots, mais au final le résultat est sympa, ça roule bien et surtout ça retranscrit fidèlement l'ambiance « potes » de l'époque. Y'avait pas de « tournage » à proprement parlé. Ca roulait dans tous les sens en fait. Les gars ridaient, et moi je devais être à l'affût du moindre truc pour ne pas redemander au gars de refaire le trick si je l'avais raté.
 

 

Quel était le processus de création d'une telle video à l'époque ?

On avait une VX 1000 et une VX 700, une pure caméra Panasonic qui appartenait à Ben (géronimi) et c'est tout. Ah oui, un fish eye bricolé à base de lentille de microscope, le PC de Ben avec Premiere, et...bah et voilà. Il fallait à l'ordinateur de Ben environ 3 ou 4 heures pour calculer les quelques effets, ralentis ou les titrages d'un report, parfois ça prenait une nuit entière pour qu'au résultat ça ne nous aille pas et qu'on recommence tout. Nan, sans déconner c'était vraiment le moyen-âge. Je ne pense pas que les kids qui balancent des edits filmés avec leur I Phone une heure après avoir shooté un clip puissent imaginer ce qu'on a dû endurer pour sortir ces putains de VHS. Même moi maintenant je me demande si je ne l'ai pas rêvé cette galère. Xavier avait trouvé un duplicateur à Nimes qui nous avait fait 500 copies, un risque énorme pour nous à l'époque. Je ne sais même plus comment on a financé ça !! Peut-être que Xavier ou alors Ben se sont prost...oh mon dieu !!!
 

" C'était vraiment le moyen-âge"

 

A quel point les deux projets Tournesoul et Frame étaient-ils liés ?

Nous étions juste deux clampins (qui ont réussi à en embarquer un troisième, pauvre Ben) un peu largués mais avant tout passionnés et un poil tarés. On avait la chance d'être équipés de caméras correctes pour l'époque et de grandes poches dans nos baggys pour y planquer des cassettes DV (hmm hmm) alors on s'est lancé comme ça, à l'aveugle. On galérait à monter le projet Frame avec Xav et Ben, et il me semble qu'un jour j'ai reçu un coup de fil de Cardoso qui préparait le premier trip Soul et qui me demandait si ça nous intéressait. Tu voulais que je répondre quoi ? - « euh, non merci Monsieur Cardoso, c'est pas payé votre truc, nous ne sommes pas intéressés, merci, cordialement ». La Tournée, mis à part le fait que ça a été un pur moment de bonheur, nous a offert une matière idéale pour remplir notre Première, jamais on ne remerciera assez les Soulistes de l'époque. Nous étions si peu nombreux à cette époque qu'on se connaissait quasiment tous dans le milieu, ça ne pouvait fonctionner que comme ça.

 

Merci infiniment à tous ceux qui ont participé au dépoussiérage de cette belle Tournesoul…et à bientôt pour d’autres archives.

Titre de la galerie: 
SOUL N°2. Scans by 23mag

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