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EVENT // FISE WORLD HIROSHIMA

EVENT // FISE WORLD HIROSHIMA

Retour sur les compètes de Flat et Park de la première étape des FISE Word Series, à Hiroshima, au Japon, au pied du mémorial pour la paix ; et un sacré succès, probablement l’une des meilleures éditions de l’ère FWS.


Texte : BB // Photos : CDR, AL, JA (c) FISE
BB le 9 avril 2018

Nouvelle saison, nouvelle destination pour les riders de la coupe du monde Uci de Bmx Park. Et oui faut s’habituer à ce titre car avec la perspective des jeux olympiques celle ci va prendre de plus en plus d’importance dans la qualification pour la grand messe de Tokyo en 2020. Après avoir été sondé cet hiver les riders et les observateurs du tour on milité pour un passage à deux runs dont un seul compte. De quoi on l’a vu motiver les gars à se lâcher davantage ou du moins ça laisse une chance en cas d’erreur. C’est la fin de la sacro sainte « consistency » qui à mon sens rendait la chose un peu moins drôle. Mais oublions pour un temps les règlements et les maillots d’équipe nationale (surtout celui de Viki Gomez pour l’Espagne visiblement nostalgique de Miguel Indurain) et rendons hommage à la ville d’Hiroshima qui a fait un accueil fantastique à l’événement.

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Dès la sortie de la gare les murs sont placardés de pubs pour la World Series, idem sur les jolis tramways, dans le journal télé. Résultat, plein de monde réuni dans le cercle. Hormis l’escalade, le parcours, le skate évidemment, on a le droit à du BMX Flat lui aussi entré dans l’UCI, et du Bmx PARK donc. Le premier est très attendu car nous sommes dans la patrie du flat, là d’où tellement de génies de la discipline sont sortis. Uchie étant blessé,  c’est le « jamais de la vie il a 40 ans » Hiro Morizaki qui finit premier japonnais (5e). Tout le monde attend le duel tant attendu entre Jean William Prevost vainqueur de la série l’an passé et Matthias Dandois qualifié en premier aux demi finales et qui a donc la chance de voir les autres avant et peut adapter son riding. Le canadien pose un run solide et toujours aussi engagé dans son flow et la difficulté de ses enchainements mais il râte plus de choses qu’à l’habitude et se contente de la 4e place. Devant lui un Alex Jumelin de gala qui pose un bluffant 720 nosewheelie, un fakie boomerang pedal to pedal, un riding plus statique par moment qui demande toutefois énormément d’énergie. La victoire s’est donc jouée entre Viki et Matthias. L’espagnol passe le premier et ne râte rien de ce qu’il entreprend, son combo incluant un kickflip au milieu témoigne de sa prise de risque. Il est récompensé avec 89.13 pts. Place maintenant à Matthias toujours très concentré et à l’esprit revanchard. Le début d’année n’a pas été de tout repos avec une grosse chute en street mais cette coupe du monde fait clairement partie de ses objectifs. Il a entendu les remarques sur la frustration des spécialistes de ne pas voir sur les contests tout son potentiel démontré dans ses récentes parts vidéo. Résultat un run de 3 minutes intense où il pose tous ses combos signatures et où il ajoute en prime son nouveau move « footlocker » présenté récemment à Jeddah. Il s’en suit quelques minutes de suspens mais quand le verdict tombe, c’est Matthias qui lève les bras au ciel devant une grosse foule conquise par le show.

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Place désormais au park, ou au bowl pourrions nous presque dire tellement l’aire de jeu imaginé par les équipes du FISE a l’allure Oregonaise. Pour beaucoup d’entre vous, d’entre nous, on aimerait avoir ça sous les roues ; pour certains des riders du circuit Uci il manque la sainte fun box. Le débat est éternel et on peut comprendre la difficulté de faire des practice quand le spine dépasse 2 mètres et qu’on ne voit pas de l’autre côté. Mais bon…on avait quand même là une aire trop marrante à rouler, à voir Kevin Peraza s’amuser autour ou au dessus du craddle, on se dit qu’il y avait quand même moyen de tenter d’autres lignes que le classique enchainement des hips. A leur décharge il a manqué du temps de practice la faute à la pluie. A cause d’un vendredi annulé toute la journée par la pluie, les riders ont du ça faire les qualif’s le samedi matin à partir de 7h30 puis enchainer ensuite les demi finales l’après midi. Reste que le dimanche tout était réuni pour un beau spectacle : public au taquet, Catfish au micro, grand grand écran et 12 bonhommes surmotivés. En l’absence de Logan Martin blessé à l’épaule on s’attend à une bataille entre DD et Nick Bruce qui a des lignes plus intéressantes que la plupart des autres riders. Alex Coleborn arrivera t’il lui à rééditer son run des demi qui l’a vu se qualifier premier. Qui sera la surprise du chef ?

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Et bien on n’aura pas à attendre longtemps avant de le savoir puisque dès le premier run de la première poule, Brandon Loupos qualifié de justesse la veille, sort le grand jeu et score 92.1 pts. Des tricks sur chaque module, aucune faute, ça paie. Tout le monde hallucine et se dit que ça va être dur à battre. Tout le monde y passera mais vous le savez déjà, aucun ne viendra titiller son score. Kenneth Tencio aura été le plus proche avec un 88 pts qui aurait pu être tout autant un 32 tellement il est passé plusieurs fois à deux cm de la correctionnelle, par exemple en rattrapant le guidon en 36 condor sur le bout des doigts. Dans son maillot bleu blanc rouge horizontal du Costa Rica, il a au moins le mérite de rendre euphorique Brian Fox et Kyle Baldock. Avec Peraza ils dansent et chantent en cœur sur de la trap. Nous sommes dans le pays du Karaoké je vous le rappelle.  On ne penserait pas mais les riders s’enthousiasment tout autant des runs de Daniel Dhers qui fait figure d’ancien mais qui est évidemment respecté pour toute sa carrière. Ce dernier finit 3e. Reste que c’est la nouvelle génération qu’on observe surtout dans cette finale avec le plus jeune, le japonais Rim Nakamura de 16 ans qui tient la pression et finit 9e avec une belle amplitude pour son âge. Jack Clark pas au top malgré un collier Bmx en or de toute « beauté ; Daniel Wedemeijer (11e)  de retour après deux ans de galère n’est pas trop inspiré jusqu’à son réveil du best trick où il claque hors limite un fufanu bien dangereux (arrivée de biais), Joel Bondu (12e) sorti du cirque du soleil est malchanceux et finit dernier. Les américains Pat Casey (8e), Justin Dowell (7e), Nick Bruce (5e) et Jeremy Malott (4e) n’auront pas démérités mais ils leur manquait quelques tricks en plus et on se demande bien qui représentera le pays aux J.O. Du côté de l’Angletterre, Alex Coleborn a de la marge mais manque quelques trucs qui ne lui donne pas plus que la 6e place. Et après 22 runs, certains avortés rapidement pour cause de pied à terre, Brandon Loupos de renouer tout ému avec la victoire.

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L’affaire UCI emballée avec brio, le FISE se fait un petit plaisir en plaçant une jam best trick de 30 minutes à la suite du contest, de quoi finir en beauté. Car certains en avaient encore sous la pédale et étaient chaud bouillant, notamment des non finalistes comme Jack Wallwork qui après quelques boites pose un flair superman seat grab ! Kostya Andreev lui passera sa demi heure à essayer de poser toutes sortes de combo en footjam whip (à voir sur le live qu’on a fait sur notre facebook). Pat Casey nous fait plaisir avec un 180 double whip sur le spine à double coping, et un 540 whip ici même pour passer pas loin du best trick. Nul doute qu’un 450 whip drop du wall en plexi de Jack Leiva aura pu l’emporter…mais vous avez vu l’image de sa chute. On est déjà content qu’il se porte bien. Finalement c’est le twist (bar & whip) to whip du jeune Justin Dowell qui l’emporte. Un retour des world first au FISE qui fait du bien et qui présage d’un contest à Montpellier de haute volée, avec on en est sûr un Anthony Jeanjean surmotivé. En mêlant habillement les impératifs UCI avec la folie habituelle inhérente au FISE, on aurait peut être bien trouvé la bonne formule. Reste à voir peut être des riders un peu différent sur les prochaines étapes. Il se murmure déjà des noms, des gros noms pour Montpellier, en park et en street aussi, une épreuve qui va être poussée par l’organisation avec un format de runs et du prize money conséquent. De quoi voir probablement un vrai contest de bmx street comme la France l’attend depuis longtemps.

Affaire à suivre et à bientôt Hiroshima, une ville chargée d’une histoire lourde mais qui nous a transmis toute l’énergie d’un combat permanent pour la paix entre les peuples. A voir tous les riders féliciter Brandon Loupos on se dit que le bmx est un bon exemple de fraternité. Continuons comme ça, avec des maillots pas trop dégueus si possible.

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Dome de Genbaku, un des rares vestiges après la bombe du 6 aout 1945

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