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LOCAL // FRANCOIS TORRECILLA

LOCAL // FRANCOIS TORRECILLA

Originaire de Lyon, François Torrecilla avait été vite remarqué il y a de cela quelques années. Après une grave blessure au dos et des détours personnels, François reviens sur le vélo depuis quelques mois et nous livre une vidéo bien léché, réalisé par Dalyl Bousnina. 

Rencontre avec ce rider qui se montre peu et qui a pourtant tellement à montrer!


Photos : Dalyl Bousnina - Plans et séquences : Dalyl Bousnina
Clementlp le 7 août 2018

Salut François, alors dis-nous d’où sort cette vidéo ?

 Cette vidéo est comme on pourrait dire une vidéo d’archives, les clips datent plus ou moins de 2016 et ont été filmé par Dalyl Bousnina, la personne qui m’a toujours accompagné dans la réalisation de photos et vidéos de bmx et qui a, je trouve, un talent énorme.

On avait donc prévue de la publiée rapidement mais c’était une période assez délicate pour moi, j’avais raté mon épreuve d’entrée en école de logistique humanitaire et donc j’ai décidé de manière prématurée de financer sur plusieurs mois un voyage de trois mois en Asie du Sud Est pour y effectuer du bénévolat dans la construction histoire de solidifier mon dossier d’entrée pour l’année prochaine puis ensuite, voyagé en sac à dos dans les alentours. Au final, de juillet jusqu’à début février j’avais laissé le vélo dans un coin de ma tête. 

Ensuite à mon retour, j’ai été accepté dans l’école et j’étais donc plongé pleinement dans mes études. Donc voilà maintenant que tout roule depuis plusieurs mois de ce côté je peux me replonger dans le vélo, qui reste évidemment ma passion première et publiée cette vidéo pour ne pas laisser un travail abouti périr dans mon ordi. En espérant bien évidement en débuter une nouvelle...!

 

On y voit des vieilles images de la couve d’un des derniers soul magazine ? Tu nous racontes cette session avec guillaume Ducreux et Mimi.

Une bonne session comme je les aime : Un appel du bon Guigui qui me dit « Viens shooter dans un endroit abandonné. » 

Impeccable, j’embarque évidement Dalyl dans l’espoir de faire quelques clips et là, j’arrive dans cette espèce de station de train abandonnée et je vois Mimi et Nico Terrier se mettre des gros fly et des gros tricks sur cette courbe faite à base de palettes, de canap et de ferrailles... Tu vois le genre ! Ce fut donc une session bien ghetto sur un spot bien ghetto, tout ce que j’aime.

 

 

 

 

 

"J’ai certes, un riding plus Park, mais cela n’empêche que j’adore concilier cela avec le Street ainsi que d’essayer me la jouer Simone Barraco du dimanche, je dis bien du dimanche hein."

 

 

 

Tu as été repéré très jeune par des sponsors puis d’un coup on t’a beaucoup moins vu, tu nous expliquais que tu avais des problèmes de dos c’est cela, qu’en était-il exactement ?

Oui c’est malheureusement ça. En fait au cours de l’été 2014, j’ai voulu tenter un flair fackie avec comme appel une pauvre bordure de rond-point. C’était stupide. Résultat je suis tombé sur le torse et j’ai fait une hyper torsion, un scorpion. A partir de là j’ai commencé à avoir de grosses douleurs et quelques semaines plus tard je prenais rendez-vous pour porter un corset. Pour faire court j’ai les trois derniers disques de la colonne usés, ils l’étaient déjà avant la chute sans que je le sache mais c’est elle qui a déclenché la douleur et depuis mon dos est fragilisé. Pendant 1 an et demi environ je pouvais plus rien faire, et le vélo bah c’était tout, le sport et les amis quoi. 

Honnêtement pour le moral c’était très dur, personne pouvait me dire si ça allait passer et en combien de temps. Mais bon globalement avec le temps c’est passé, ce n’est pas soignable, j’ai un dos de vieux, de l’arthrose, j’ai mal quand il fait froid et pas mal quand il fait chaud mais bon, il faut vivre avec ! 

Je peux faire du bike et de la bécane, je n’ai pas besoin de bien plus ! 

 

Comment as-tu soigné ton dos ? Que conseilles-tu à ceux qui en souffrent aussi ?

Comme je disais, mon cas n’est pas soignable, mais disons que je le soigne en le ménageant. Je fais attention quand je porte des charges lourdes, j’ai rayé certaines activités néfastes pour le dos (pas de trampoline, pas de gym...)

Mais ce qui est très important, et je ne le fait pas assez, c’est de se muscler le dos. Ça aide vraiment. Donc voilà ce que je peux conseiller. Après je ne suis pas un exemple et je veux bien qu’on me donne des conseils moi aussi haha. 

 

Est ce que ton riding a changé après ces soucis-là ?

Hmm non je n’ai pas changé ma manière de rouler, j’ai mis quelques temps pour reprendre bien confiance mais aujourd’hui j’ai toujours le même style de riding. 

 

Tu as toujours fait du street comme ça ? J’étais étonné de te voir monté sur ce rail sans sourciller, ça se fait de moins en moins ça de nos jours.​ Présente nous un peu ton quotidien de rider sur Lyon, avec qui roules tu et sur quels spots ?

Oui j’ai toujours aimé le Street (Rail, Wall, Gap…). J’ai certes, un riding plus Park, mais cela n’empêche que j’adore concilier cela avec le Street ainsi que d’essayer me la jouer Simone Barraco du dimanche, je dis bien du dimanche hein. Je pense que pour être épanoui dans le bike il ne faut pas rester dans un clan (Street, Park ou Dirt). Il faut vraiment essayer d’être polyvalent. Ça fait vraiment progresser et ça permet de kiffer n’importe où. 

Mon riding quotidien est plutôt simplet. On est une bonne petite bande de potes, autant skate que bmx et cela depuis un paquet d’années maintenant ! Quand on fait une session c’est simple : on arrive avec un skate, un surf skate, une enceinte et notre bike. Autant te dire que ça ne rigole pas.

Donc voilà au quotidien soit on roule dans notre petit Park local à Vaulx en Velin la soie, soit on bouge dans les périphéries de Lyon (Brindas, Tignieu, Saint Genis Laval, Genas…). Quand on a envie d’être un peu plus évasif on part un peu plus loin (Annecy, Grenoble, Valence...), il y a de quoi faire. Ensuite quand on veut bouffer un peu de terre c’est au Patchamak que ça se passe !  C’est un Trail non loin de Villeurbanne auquel on a gouté et c’est une tuerie, l’ambiance comme les bosses ! Il est entretenu régulièrement par les locaux (je crois qu’ils vivent là-bas en fait), c’est vraiment cool cet endroit. En ce qui concerne le Street (et c’est vrai qu’on le fait moins qu’avant) ça se passe la plupart du temps sur Lyon. Y’a une bonne scène Street à Lyon, faut avouer qu’il y a du Spot !

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C’est comment de rouler avec Flo Barral ? Il a l’air pour le moins ludique?

Rouler avec Flo Barral… Haha Flo c’est la famille, on a toujours roulé ensemble depuis que j’ai commencé et je pense qu’on roulera toujours ensemble. C’est un sacré phénomène, il a toujours de bonne idées (ou pas) et on se marre à chaque session. Ce que j’aime c’est qu’on est tous les deux aussi débile l’un que l’autre (vraiment débile) et on aime les mêmes choses en bike. Cependant on roule quand même différemment et ça permet de créer une vraie complémentarité. Je l’aime bien ce con.

 

Tu fais quoi à côté du bmx ? Etude, moto, autres passions ?

Comme mentionné précédemment, je suis à fond dans ma formation de logistique humanitaire, c’est vraiment un domaine qui me plait vraiment et j’espère que cela portera ses fruits. Ma deuxième passion après le bmx est celle de mon père : la moto Enduro. Je me reconcentre énormément dessus. C’est ma passion depuis tout petit, j’avais arrêté un long moment et depuis que j’ai passé le permis il y a quatre ans je suis au taquet !

 

Tu penses quoi de la scène française actuellement ?

J’ai plutôt un regard positif sur la scène française. En effet le niveau augmente de plus en plus, les évents aussi. Il y a toujours quelques cirés du bocal posés à droite à gauche de la France que j’adore. Il y a une bonne scène Street et Park mais par contre j’ai l’impression que le Trail à tendance à s’effacer de plus en plus… Personnellement sur les réseaux je vois de moins en moins de  vidéos Trail et je trouve ça dommage car l’esprit du Trail est juste magnifique à mes yeux. Ma deuxième crainte se porte sur le fait qu’avec le temps, j’ai peur que les évènements français ne finissent petit à petit tous sous forme de « compétition à point » comme on peut le voir aujourd’hui grâce à l’UCI. Ok d’accord cela permet de développer et valoriser la discipline. Mais est-ce que tout ça ne tue pas un peu l’âme rock’n’roll et rebelle du bmx ? Heureusement un bon nombre de riders continuent de garder cet esprit Rock et Familial. Mais voilà, j’espère simplement que les Jam et les vrais contests en France ne mourront pas.

 

Merci à toi d'avoir répondu à nos questions!

En partenariat avec DIG BMX.

 

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