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LOCAL // POISS BARBIER

LOCAL // POISS BARBIER

Il est l'un des filmeurs les plus actifs de la scène parisienne, depuis quelques années ils nous offrent un bon nombre de bonnes vidéos. Connu notamment pour sa série de vidéos LBCD (La Banlieue C'est Dangereux) à l'atmosphère sombre, qui retranscrit sa vision de la scène street de Paris. Mathieu Barbier, que l'on connaît plus sous le nom de Poiss, vient de partir pour l'Australie. Il nous semblait normal d'aller lui poser quelques questions, pour en apprendre davantage sur les raisons de son départ, mais aussi sur sa vie, son rapport au BMX et la vidéo. Poiss se dévoile un peu plus et se confie à nous dans cette interview.


Textes : .Clément Le Page - Photos : Poiss Barbier
Clementlp le 29 mars 2018

Salut Mathieu, ma première question sera toute simple, d’où vient le surnom Poiss.

Salut ! Eh bien, j’ai connu les SKYBLOGS et mon frère m’a créé mon tout premier, à cette période j’avais dû casser deux trois verres en une semaine, alors il m’appelait “la poisse”, puis le nom de mon blog était bien trop long et les gens se sont mis à dire “poisse” puis “Poiss”. Je n’ai pas choisi du tout, mais ça me va.

 

Raconte-nous un peu comment tu en es arrivé à faire du BMX ? Où et avec qui as-tu commencé ?

À la base j’ai fait un peu de skate, roller etc.… avec mes copains de classe quand j’étais enfant (même de la patinette, mais toute cette daube Freestyle n’existait pas) puis j’ai eu mon premier BMX en CE2 je pense, mais je faisais surtout des dérapages. Quand j’étais en 6e, le park local a vu le jour, et après y être allé en skate, j’ai vite lâché l’affaire pour revenir en BMX, grâce à mon ami MIKA H. qui m’impressionnait de fou à l’époque et qui m’a pris sous son aile. C’était en 2003.J’en ai vu des gens passer.

 

On te connaît principalement en tant que filmeur très actif de la scène parisienne. C’est le BMX qui t’a amené à filmer ou tu avais déjà la passion de l’image avant ?

Disons que comme tout rider, on regardait des vidéos avant d’aller rouler, même à l’époque on trainait dans le skate shop local pour en voir, et grappiller une cassette. Quand tu réussissais à mettre la main sur des vidéos, c’était la folie. Puis quand tu commences à progresser en riding, généralement tu réussi à squatter des appareils photo à gauche à droite et puis tu te prends au jeu des vidéos. Depuis j’adore l’image, le lifestyle, BMX ou non, j’adore capturer des moments de vie, le BMX n’est qu’un prétexte.

 

Parlons-nous un peu de ton évolution et de ta progression en tant que filmeur. Avec les années, on améliore sa technique et son filming, tu as senti cette évolution ? Quand on fait de la vidéo, on s’inspire toujours de filmeur dont on affectionne le travail, qui sont ces personnes pour toi ?

J’ai senti cette évolution après mon premier projet “SQYPHONE” et le début des LBCD. C’est là que j’ai vraiment trouvé ma patte, je pense. Niveau vidéaste, on ne va pas se mentir, Richard Forne est le meilleur, suivi de près par un Valentino bien accroché.

Mais j’adore aussi Bobby Kannode, Peter Adams, etc..

Quels riders étaient le plus souvent devant ton objectif ?

Au début, c'étaient vraiment les potes et moi, puis avec le train, on découvre de plus en plus de personnes, d’où les LBCD. Généralement je vais carrément demander aux gars s’ils sont chauds pour que je les filme, quelquefois même je leur ne laisse pas le choix lol.

 

On peut voir que tu affectionnes particulièrement le noir & blanc, notamment avec les vidéos « La Banlieue C’est. Dangereux », qu’est-ce que ce choix apporte à tes projets et pourquoi le choisis-tu ?

Ouais le noir & blanc, c’est mon truc préféré, et ça colle ultra bien à l’ambiance parisienne, ou même à NYC. Puis ça donne carrément une image à la vidéo, sans avoir à être un pro en colorimétrie. Je suis super inspiré par tout ce qui est “triste” et le noir et blanc, c’est parfait pour ça.

 

Tu comptabilises un peu plus d’une trentaine de vidéos à ton actif (Sur ton Youtube) pour le moment, si tu devais en choisir une ! Celle dont tu es le plus fier et qui est la plus aboutit pour toi !

Pour être vrai, si l'on compte aussi mon Vimeo et tous mes débuts, j’en suis à plus de 180 lol. Une seule, c’est sûr, mais si je pouvais en choisir 3 ça serait :

  • - Les oubliés 3 (lien ici).
  • - SQYPHONE NYC (lien ici), qui n’était pas du tout à l’image de ce que je voulais sortir et qui finalement est l’une de mes meilleures vidéos, je pense.
  • - Et la vidéo (lien ici) 3.6.5 de Nico Badet, car c’était un pur plaisir de filmer l’un de mes riders préférés.

 

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Keandre / Miami

 

“ Pour nous, par nous”

 

Tu as contribué à Grande Rue, le magazine d’Alex Valentino, avec tes vidéos 3.6.5. Comment en es-tu arrivé à participer à ce projet et quel était le principe de ces vidéos ?

Quand j’ai vu qu’Alex lançait un nouveau média, je lui ai directement envoyé un message pour savoir comment contribuer. De son côté, il voulait récupérer les LBCD (Comme Soul à l’époque ) mais j’ai préféré garder les LBCD pour nous, et lancer une nouvelle série. 3.6.5, c’est pour mettre en avant des rides, pros ou non, sponsorisés ou non, qui vive le BMX les 365 jours de l’année et dont on n'entend pas forcement parler, ou simplement pas assez. Evidemment, Badet est déjà connu, mais le but de cette série est celui-ci.

Seul bémol, il s’avère que GRANDE RUE est en fait une simple vitrine pour les projets d’Alex et qu’il n’y a pas de place pour d’autres. Il n’a même pas partagé l’épisode 2 de la série, sur aucune de ses plateformes (Insta, site web, YouTube) donc pour le 3 ème épisode, et ceux à venir, je suis retourné au basique “ Pour nous, par nous”.

 

Le dernier épisode des 3.6.5 , c'est fait avec Pierre Blondel, vous avez cherché des spots assez originaux et bien paumés, j’ai l’impression. Trouver les spots n’a pas été trop difficile ?

Pierre et moi avions la même idée, ça prendra le temps que ça prendra, mais on va faire ça bien. Pierre fessait du repérage, on partait en mission. Rien n’est jamais trop loin en IDF, sauf la rampe en béton armé qui nous a valu 300KM en une aprem. Mais ça nous a permis de discuter dans la voiture, et ça valait le coup. Pierre est un chef.

 

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Bevan Cowan / Melbourne

Ça va faire quelques semaines que tu as quitté la France pour rejoindre l’Australie, pourquoi ce choix ? Le départ est définitif ou un retour en métropole est déjà prévu ? 

Pour être totalement transparent, je voulais juste partir de chez moi et de toute cette zone vide où je vivais. Je traverse une grosse période de dépression et je me guéris doucement de troubles alimentaires depuis plus d’un an, ça aurait pu être à Marseille, c’était le même but : Quitter une zone de confort, qui n’en était pas une au final. Je vais rentrer quand j’aurais envie, je n’ai pas vraiment de plan, j’essaie juste d’être heureux et un peu plus libre, retrouver le goût de rouler, profiter du soleil et voir de nouvelles têtes. 

 

Tu as déjà des projets vidéo de prévu là-bas ? 

J’ai commencé à filmer avec Bevan Cowan, rider S&M, mais on prend notre temps. Aussi, je me dois de passer devant la caméra pour sortir une part cette année.J’ai deux trois autres projets secrets, dont je ferais part dans pas longtemps, stay tuned comme on dit.

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"Le seul vrai but de tout ça, c’est découvrir des personnes, se faire des amis, et grandir intérieurement." 

 

 

Ce n’est pas la première fois que tu quittes la France pour rouler, tu es déjà allé à Madrid, Barcelone, New-York et Miami. Quand tu partais comme ça à l’étranger, tu y allais à l’aveugle sans but précis ou tu savais d’avance ce que tu cherchais là-bas ?

J’étais déjà parti quelques jours à MIAMI et NYC, mais sans mon vélo, donc, il fallait que je revienne voir. Pour Miami et BCN, c’était juste histoire de fuir l’hiver, sans vrai but. NYC, j’avais le SQYPHONE en tête mais surtout du pèlerinage sur les traces du DIEU Edwin. Madrid par contre c’était vraiment un trip de quelques jours pour filmer une vidéo, on n'était pas là pour bronzer, et ça tombe bien, c’était en décembre.

Le seul vrai but de tout ça, c’est découvrir des personnes, se faire des amis, et grandir intérieurement. 

Comme tout bon filmeur, tu sais que la musique est primordiale en vidéo, comment trouves-tu les musiques que tu utilises dans tes vidéos ?

Avant c’était simple, on était sur Vimeo, sans copyrights et je peux te dire que ça y allait les Mickael. Jackson, les BOOBA et tout. Avec YouTube, c’est un peu plus compliqué, mais on s’en sort. Pour les LBCD, c’est des musiques que j’écoute dans la vie, donc, pas de soucis pour les trouver. Sinon, j’essaie de voir avec le rider l’ambiance qu’il veut dans sa vidéo, et j’essaie de me perdre sur YouTube pour trouver des musiques.

 

Et qu’est que tu écoutes en ce moment ? Une playlist en particulier ?

Je n’ai pas vraiment de playlist, mais en ce moment c’est surtout du BOOBA, NIRO, DAMSO et pas mal de rap FR, comme toujours. Mais j’ai un son de Shakira que je ne peux pas enlever de mon téléphone depuis cet été, je suis addict, mais rassurez-vous, j’ai honte.

 

Un dernier petit mot pour clôturer cette interview ?

Merci à toi pour l’itw, merci à tous les riders qui me permettent de m’exprimer au travers de nos vidéos et qui jouent le jeu quand, il faut “faire comme si je n’étais pas là” pour le life style.

Merci à toutes les personnes qui croient en moi quand je suis au plus bas, et qui savent me remotiver.

Merci le BMX pour toute cette chaleur humaine et toute cette famille qui m’entoure.

Merci à Mon frère Guillaume, à mes parents.

BISOUS !

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